renouveau-politique

Dimanche 3 septembre 2006

Bonsoir,

Nous sommes le 03/09/2006. Ce blog est ouvert pour présenter et débattre d'un nouveau type, amoral, de politique et d'Etat. Une politique et un Etat renouvelés, qui s'appuient sur des concepts repensés pour nos sociétés actuelles, des sociétés hétérogènes, mélanges de cultures, de religions et de races. Je l'alimenterai dans les prochaines semaines avec la présentation de ce nouveau type, avec ses idées et conceptions nouvelles, afin de susciter des réactions et commentaires, et ouvrir des pistes, autres que celles déjà nombreuses auxquelles je pense. Le reste suivra au fur et à mesure de mes développements, et des événements qui arriveront.

Je commencerai bientôt à présenter cette politique, mais je vais démarrer en premier lieu par expliquer pourquoi je parle d'un mot aussi étrange : amoral. Cela sera fait dans mon deuxième article, très prochainement.

A bientôt

Renouveau
Par Renouveau
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Lundi 4 septembre 2006
Bonsoir,

Ce premier article de fond se penche donc comme prévu sur "l'amoralité" et donc la moralité. Comme vous devez vous en douter, ce terme signifie que les notions morales sont absentes, qu'elles ne supportent pas de jugement normatif de bien et de mal des actions et des pensées, dans ma théorie. La raison pour laquelle une politique amorale est introduite est plus que simple : les sociétés modernes, multiculturelles, multiethniques, multireligieuses, ne peuvent exister sur un socle de morale commun à tous. Chacun obéissant à des critères moraux différents, en particulier les différents groupes religieux, il n'est possible d'imposer à personne une morale dominatrice et fondatrice de l'Etat, sans se retrouver en conflit avec d'autres morales, toutes aussi valides rationnellement. S'ensuivent des guerres civiles, des guerres de religion, tout à fait dévastatrices et périlleuses pour les sociétés dans leur ensemble. La solution trouvée par les penseurs anciens fut donc d'octroyer une liberté de culte et de parole pour chacun, en basant la politique sur une rationalité presque amorale, c'est-à-dire, en leur temps, une rationalité dégagée des dogmes de l'Eglise.

Cette vérité explose aujourd'hui et semble remise en cause dans les démocraties occidentales, où le spectre du communautarisme relance une volonté de domination morale judéo-chrétienne auxquelles les individus doivent se conformer. Cette conception intéressante de l'Etat, comme gardien de la morale individuelle, est surtout un danger très fort d'oppression des minorités par la majorité. A l'opposé, une vision rationnelle de l'Etat essaie de dégager, hors de toute vision morale, les points sur lesquels les hommes se mettraient d'accord pour fonder une société et un Etat. Dans cette vision, le danger est de réintroduire des notions morales personnelles inconsciemment, en croyant que les individus y seraient tous favorables, puisque j'y suis personnellement et fondamentalement favorable. Il faut donc réduire au minimal les volontés communes des individus, afin de tenir compte de leurs différences et du pluralisme moral qui existera en société. Le dépouillement de l'individu est une nécessité profonde, afin de le débarasser de notions morales, qui existent sûrement mais n'emportent pas l'adhésion de tous, et de notions sociales (constitués de désirs sociaux qui entrent en compétition et ne peuvent permettre l'unanimité). L'individu se retrouve en tant qu'être rationnel simplement, dans un état pré-social et pré-étatique, un état de nature, où la société et l'Etat seront constitués par accord volontaire et unanime. Ceci sera le sujet de mon prochain article : "l'état de nature".

A bientôt

Renouveau

PS : Pour le public averti, je marche dans les traces de la théorie politique appelée le contractualisme, en particulier celui de Locke et de Rousseau, pour y apporter une innovation majeure dans l'approche de la propriété.
Par Renouveau
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Lundi 11 septembre 2006
Nous voici donc arrivés à la présentation de l'état pré-social, pré-étatique. Cet état est évidemment une fiction elle n'a jamais existé et ne prétend pas être historiquement réalisée, bien que l'on puisse imaginer un état similaire dans la réalité, si les individus décidaient tous d'être exclusivement individualistes, sans se soucier des autres. La société aurait ainsi disparu,  l'anarchie serait d'actualité, chacun vaquant à ses propres occupations, sans intérêt pour les autres. Beaucoup d'avantages à cela pour ceux qui réfléchissent sur ce sujet : plus de jalousie, d'envie, de compétition sociale... mais aussi la disparition des liens, de l'entraide, de l'intérêt pour les autres. Cet état essaie de mimer un état où aucun besoin ou désir social n'existe. Les individus ne sont orientés que vers eux-mêmes. Cette hypothèse peut sembler farfelue, mais elle a là encore un grand mérite : elle permet à chacun de faire mieux, à sa façon, et permet une réflexion vidée de toute considération sociale qui vient rendre les questions de base, comme la notion de justice, confuses et étranges. En faisant l'hypothèse que les hommes sont des individus égoïstes de façon forcenée, il est possible de déterminer ce qu'un individu rationnel (autre hypothèse) voudrait, sans aucune perturbation sociale, lors de la création de la société et de l'Etat. C'est là le mérite de la vie dans l'état de nature, réaliser des hommes rationnels, sans société ni Etat. Nous avons là des individus qui ne sont pas intéressés par des concepts sociaux de pouvoir, de reconnaissance, d'amour, dans leur choix d'entrer en société, et c'est ce qui est recherché.

Cet état de nature est bien sûr violent, puisqu'il est amoral et ajuridique (le droit n'existe pas, il est créé avec la société et l'Etat). Le recours à la contrainte, à la force brute, est une réalité qu'il ne faut pas oublier, et c'est précisément cette violence dans l'état de nature qui va inciter les hommes à créer la société et l'Etat, afin de passer du temps à autre chose qu'à se battre, à défendre sa vie et ses biens. Car l'homme possède des choses dans l'état de nature, des biens autre que son corps : des possessions. Ce sera l'objet du prochain article : la possession des biens. Il fera référence à la force des hommes, celle qui leur permet de conserver leurs possessions...
Renouveau


PS : pour ceux qui voudraient me voir, j'organise un café philo politique lundi 25 septembre 2006 à Montparnasse, Paris, France. Laissez-moi un commentaire si vous voulez plus de détails...


Par Renouveau
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Mardi 19 septembre 2006
La possession est une réalité qui existe bien évidemment dans l'état de nature. Elle commence par la possession de son corps, et s'étend à tout ce que peut vouloir posséder un individu. Cette possession est toujours ou presque objet de luttes féroces, personne ne reconnaissant la possession de qui que ce soit sur quoi que ce soit . Une fois que des individus commencent à reconnaître la possession de quelqu'un sur quelque chose, alors naît la propriété, la société, et très vite l'Etat. Ainsi les naissances sont simultanées dans cette théorie : ce sont des triplés. Ils se nomment droit (propriété), société, Etat.

En revenant à l'état de nature, il est évident que la possession est fragile, qu'un individu plus fort (force physique, ruse, habileté...) peut toujours s'en emparer et déclarer que les biens sont siens, en particulier la terre, mais aussi le corps d'autrui. La force est un facteur primordial de possession, de richesse. Les plus forts sont les plus riches. Ils peuvent posséder une grande superficie de terre, suffisante pour se nourrir très convenablement, tandis que les plus faibles n'ont aucun territoire. Ils n'ont que la possibilité de prendre des choses qui 'appartiennent' aux plus forts, en jouant sur leur discrétion pour que cela passe inaperçu. La force, qu'elle soit physique, intellectuelle ou autre, a un rôle fondamental dans l'état de nature, puisqu'elle assure la survie de chaque individu, comme dans la nature.

Il faut se rappeler d'un postulat qui gouverne l'individu dans l'état de nature : il s'occupe principalement de sa survie. Il ne s'intéressera pas vraiment à entasser des biens au-delà de ceux qui lui permettent une survie agréable et confortable. Seule sa survie étant le point focal de ses actes, la possession ne sera un combat que jusqu'à un certain point de possession. Ensuite, il s'agira pour l'individu de défendre ce qu'il a pu arriver à posséder, contre les tentatives des autres individus. L'acquisition et la défense de ses biens sera donc une des tâches les plus importantes et des plus fréquentes de son existence. La maladie, la vieillesse sont des facteurs qui pourront facilement l'amener vers la pauvreté et peut-être la mort dans le pire des cas.

Réfléchissant simplement, l'individu aura donc un intérêt très puissant à créer la propriété, afin de ne plus avoir à défendre ses possessions, et en premier lieu son corps. C'est la raison principale qui l'amènera à entrer en société, protéger ses possessions, son corps en particulier, ce qui est sa motivation première, la survie et donc la sécurité. Le prochain article se concentrera donc sur le rôle de la propriété dans la constitution de la société et d'un Etat légitime, légitime car rationnel.

Renouveau
 




Par Renouveau
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Dimanche 8 octobre 2006
La propriété est donc issue de l'accord volontaire des parties, de la reconnaissance de droits exclusifs d'un individu sur un bien. Sans cette reconnaissance de la propriété, l'échange économique ne peut avoir lieu, la paix ne peut avoir lieu, la liberté en droit non plus, puisque personne ne reconnait quoi que ce soit à personne, pas même la liberté d'utiliser son corps... Fascinant, non, une telle théorie de la propriété où précédemment rien n'est acquis, pas même un postulat moral basique comme la droit à l'utilisation exclusive et volontaire de son propre corps !

Nous sommes proches de Hobbes dans cet état de nature violent, mais pas dans une optique où l'Etat doit ensuite dominer les individus pour les asservir, au contraire. Dans ce que j'essaie de faire, la légitimité vient contrebalancer l'absence de moralité dominante ou de droits de l'homme sacrés. D'un côté, dans l'état de nature, l'individu se retrouve dans une anarchie violente où rien ne lui est reconnu, rien n'est possible sans se battre. La sécurité et la paix n'existent pas. De l'autre, en société, sous la protection de l'Etat légitimement constitué, l'individu peut goûter à la sécurité, à la paix, aux droits qu'ils s'est vu reconnaître tandis qu'il reconnaissait les mêmes à ses semblables. Cela ressemble au passage de l'enfer au paradis. Mais cette comparaison reste à mitiger : la moralité existe dans l'état de nature, l'entraide aussi, et le crime existe toujours en société, tout comme la violence. Mais nous sommes passés rationnellement et unanimement pour le bien de tous, d'un état de nature à une société dirigée par un Etat. Et ce passage se fonde sur un seul concept central et fondateur : la propriété.

Rentrons donc dans ce concept fondamental, qui déterminera ensuite les grandes notions de liberté, d'égalité, de justice. Et pour y rentrer, examinons les intérêts divers des individus tout aussi divers qui accepteront son apparition, et dès lors la création de l'Etat. Le coeur du débat portera donc sur l'unanimité d'intérêt des individus, puisque, pour que l'Etat soit légitime, il faudra qu'il soit volontairement accpeté par chacun. Ainsi, un Etat ainsi formé aura la légitimité rationnelle nécessaire pour s'imposer à n'importe quelle argumentation anarchiste ou révolutionnaire tendant à le renverser. Le prochain article s'intitulera : l'unanimité des intérêts.

Renouveau
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