Mardi 7 novembre 2006

La justice est donc la bonne application des lois, décidées rationnellement, partant d'un état de nature amoral et aboutissant à un Etat redistributeur pour tous. Elle est affranchie de toute référence morale sous-jacente, comme l'égalité ou l'équité, pour être cantonnée à son rôle effecteur, de bonne application des lois. Ainsi, la justice n'existe pas dans l'état de nature, ce qui est normal dans un univers amoral et alégal. Elle apparaît avec la société, les lois, l'Etat et la propriété. Toutes ces choses liées entre elles sont donc construites d'un coup, lors de la révolution copernicienne qu'est le passage à la société.

Cette définition peut laisser sur sa faim, car elle ne donne pas vraiment d'indice sur ce qu'est une "bonne application des lois". Je ferai donc un renvoi vers la justice des tribunaux que nous connaissons habituellement en soulignant les deux plus grandes caractéristiques : indépendance et impartialité. La justice se résume donc à l'absence de traitement de faveur au profit d'une partie, à une application neutre et non influencée des lois, bref à une égalité devant les lois. Et voilà, l'égalité revient, finalement ! Il faudra que je m'explique alors pourquoi les individus voudront cette égalité en droit, devant les lois, cette égalité comprise dans la justice. Je le ferai en m'appuyant comme toujours sur la rationalité qui les conduit à demander cette égalité, non par pur désir ou besoin moral d'égalité, mais par souci de survie. Il n'y a là toujours pas de moralité déguisée, juste l'emploi d'une notion politique et philosophique, l'égalité, au profit de leur but premier, la survie. Ceci sera fait un peu plus tard...

Cette définition positiviste de la justice ne veut pas dire pour autant que les lois issues de l'Etat sont incritiquables, comme on veut bien le croire ou le faire croire. Elle montre simplement que ce n'est pas l'argument de la justice qui peut être brandi pour les critiquer. Il sera bien plus intéressant de critiquer ces lois sous l'angle de leur rationalité, de leur légitimité (issue de la volonté individuelle), de la liberté etc. C'est donc dans cette optique que les prochains articles seront écrits. Ils porteront en particulier sur la légitimité d'un tel Etat, en se penchant sur la volonté et la liberté, deux notions fondamentales pour rendre un choix légitime.

Renouveau
Par Renouveau - Publié dans : renouveau-politique
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