Lundi 6 novembre 2006 1 06 /11 /Nov /2006 23:27
La justice est une vertu, et en tant que telle elle a un rôle particulier dans la philosophie, puisqu'elle désigne une façon d'agir, une façon de faire, et une façon d'être. C'est donc un concept spécial, un outil et non un but originel. La justice d'un point de vue philosophique ne peut être réclamée en tant que telle, elle fait toujours appel à une notion plus fondamentale, très souvent l'égalité, parfois l'équité. Les personnes qui en appellent à la justice font référence, parfois inconsciemment,  à d'autres notions philosophiques morales, car la justice n'est que l'application de ces notions sous-jacentes. La justice n'est qu'outil, bonne réalisation. L'expression 'être juste' montre bien ce caractère incomplet de la justice. Une fois qu'on l'a prononcée, la question immédiate est :
Mais au fait, c'est quoi la justice ?

La justice de façon pratique, étatique, positive, est la bonne application des lois. Est juste celui qui applique parfaitement la loi. La justice n'existe pas sans loi, la loi est le précurseur de la justice, logiquement ( nous avons dit plus haut que la justice a besoin d'un antécédent, ici les lois). A cela bien sûr viennent répondre les critiques des moralistes qui voient dans la justice bien autre chose que l'application de la loi positive, réaliste. Ils font appel à d'autres concepts moraux, l'égalité, l'amour, l'humanité, pour appeler à une justice différente de celle qui est issue de la loi. De là vient la question "Les lois sont-elles justes ?" Dans cette question est présupposé que les lois et la justice divergent, sont différentes, alors que dans la majorité des utilisations du terme justice, la justice ne peut exister sans les lois. La bonne question à poser serait plutôt : "Les lois sont-elles morales ?" ce qui permettrait de se positionner là où se trouve vraiment le débat, à savoir la sphère morale. La question qui s'ouvre alors est celle des différentes morales, de laquelle est la bonne, on en revient à une conception morale de l'Etat par le biais de la justice, ce qui n'est pas du tout l'objectif de départ. Au contraire, il s'agit de fonder un Etat amoral, pour éviter les querelles  morales sans fin.

Dans cette sphère morale, la justice est un pion, qui ballotte au gré des concepts auxquels elle est rattachée de force :
"-Au nom de l'égalité, il est juste de faire ceci
-Au nom de l'amour, il est juste de faire cela, etc."
En définitive, on voit bien que la justice est la bonne application d'un concept moral sous-jacent, à part dans la conception positive du droit où la justice est l'application des droits. C'est pour cela que  je resterai dans la définition de la justice comme application des droits (que j'appellerai justice positive), afin de m'affranchir de la morale sous-jacente à la justice habituelle.

Renouveau
Par Renouveau - Publié dans : renouveau-politique
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