Dimanche 8 octobre 2006
La propriété est donc issue de l'accord volontaire des parties, de la reconnaissance de droits exclusifs d'un individu sur un bien. Sans cette reconnaissance de la propriété, l'échange économique ne peut avoir lieu, la paix ne peut avoir lieu, la liberté en droit non plus, puisque personne ne reconnait quoi que ce soit à personne, pas même la liberté d'utiliser son corps... Fascinant, non, une telle théorie de la propriété où précédemment rien n'est acquis, pas même un postulat moral basique comme la droit à l'utilisation exclusive et volontaire de son propre corps !

Nous sommes proches de Hobbes dans cet état de nature violent, mais pas dans une optique où l'Etat doit ensuite dominer les individus pour les asservir, au contraire. Dans ce que j'essaie de faire, la légitimité vient contrebalancer l'absence de moralité dominante ou de droits de l'homme sacrés. D'un côté, dans l'état de nature, l'individu se retrouve dans une anarchie violente où rien ne lui est reconnu, rien n'est possible sans se battre. La sécurité et la paix n'existent pas. De l'autre, en société, sous la protection de l'Etat légitimement constitué, l'individu peut goûter à la sécurité, à la paix, aux droits qu'ils s'est vu reconnaître tandis qu'il reconnaissait les mêmes à ses semblables. Cela ressemble au passage de l'enfer au paradis. Mais cette comparaison reste à mitiger : la moralité existe dans l'état de nature, l'entraide aussi, et le crime existe toujours en société, tout comme la violence. Mais nous sommes passés rationnellement et unanimement pour le bien de tous, d'un état de nature à une société dirigée par un Etat. Et ce passage se fonde sur un seul concept central et fondateur : la propriété.

Rentrons donc dans ce concept fondamental, qui déterminera ensuite les grandes notions de liberté, d'égalité, de justice. Et pour y rentrer, examinons les intérêts divers des individus tout aussi divers qui accepteront son apparition, et dès lors la création de l'Etat. Le coeur du débat portera donc sur l'unanimité d'intérêt des individus, puisque, pour que l'Etat soit légitime, il faudra qu'il soit volontairement accpeté par chacun. Ainsi, un Etat ainsi formé aura la légitimité rationnelle nécessaire pour s'imposer à n'importe quelle argumentation anarchiste ou révolutionnaire tendant à le renverser. Le prochain article s'intitulera : l'unanimité des intérêts.

Renouveau
Par Renouveau - Publié dans : renouveau-politique
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