Lundi 11 septembre 2006
Nous voici donc arrivés à la présentation de l'état pré-social, pré-étatique. Cet état est évidemment une fiction elle n'a jamais existé et ne prétend pas être historiquement réalisée, bien que l'on puisse imaginer un état similaire dans la réalité, si les individus décidaient tous d'être exclusivement individualistes, sans se soucier des autres. La société aurait ainsi disparu,  l'anarchie serait d'actualité, chacun vaquant à ses propres occupations, sans intérêt pour les autres. Beaucoup d'avantages à cela pour ceux qui réfléchissent sur ce sujet : plus de jalousie, d'envie, de compétition sociale... mais aussi la disparition des liens, de l'entraide, de l'intérêt pour les autres. Cet état essaie de mimer un état où aucun besoin ou désir social n'existe. Les individus ne sont orientés que vers eux-mêmes. Cette hypothèse peut sembler farfelue, mais elle a là encore un grand mérite : elle permet à chacun de faire mieux, à sa façon, et permet une réflexion vidée de toute considération sociale qui vient rendre les questions de base, comme la notion de justice, confuses et étranges. En faisant l'hypothèse que les hommes sont des individus égoïstes de façon forcenée, il est possible de déterminer ce qu'un individu rationnel (autre hypothèse) voudrait, sans aucune perturbation sociale, lors de la création de la société et de l'Etat. C'est là le mérite de la vie dans l'état de nature, réaliser des hommes rationnels, sans société ni Etat. Nous avons là des individus qui ne sont pas intéressés par des concepts sociaux de pouvoir, de reconnaissance, d'amour, dans leur choix d'entrer en société, et c'est ce qui est recherché.

Cet état de nature est bien sûr violent, puisqu'il est amoral et ajuridique (le droit n'existe pas, il est créé avec la société et l'Etat). Le recours à la contrainte, à la force brute, est une réalité qu'il ne faut pas oublier, et c'est précisément cette violence dans l'état de nature qui va inciter les hommes à créer la société et l'Etat, afin de passer du temps à autre chose qu'à se battre, à défendre sa vie et ses biens. Car l'homme possède des choses dans l'état de nature, des biens autre que son corps : des possessions. Ce sera l'objet du prochain article : la possession des biens. Il fera référence à la force des hommes, celle qui leur permet de conserver leurs possessions...
Renouveau


PS : pour ceux qui voudraient me voir, j'organise un café philo politique lundi 25 septembre 2006 à Montparnasse, Paris, France. Laissez-moi un commentaire si vous voulez plus de détails...


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Lundi 4 septembre 2006
Bonsoir,

Ce premier article de fond se penche donc comme prévu sur "l'amoralité" et donc la moralité. Comme vous devez vous en douter, ce terme signifie que les notions morales sont absentes, qu'elles ne supportent pas de jugement normatif de bien et de mal des actions et des pensées, dans ma théorie. La raison pour laquelle une politique amorale est introduite est plus que simple : les sociétés modernes, multiculturelles, multiethniques, multireligieuses, ne peuvent exister sur un socle de morale commun à tous. Chacun obéissant à des critères moraux différents, en particulier les différents groupes religieux, il n'est possible d'imposer à personne une morale dominatrice et fondatrice de l'Etat, sans se retrouver en conflit avec d'autres morales, toutes aussi valides rationnellement. S'ensuivent des guerres civiles, des guerres de religion, tout à fait dévastatrices et périlleuses pour les sociétés dans leur ensemble. La solution trouvée par les penseurs anciens fut donc d'octroyer une liberté de culte et de parole pour chacun, en basant la politique sur une rationalité presque amorale, c'est-à-dire, en leur temps, une rationalité dégagée des dogmes de l'Eglise.

Cette vérité explose aujourd'hui et semble remise en cause dans les démocraties occidentales, où le spectre du communautarisme relance une volonté de domination morale judéo-chrétienne auxquelles les individus doivent se conformer. Cette conception intéressante de l'Etat, comme gardien de la morale individuelle, est surtout un danger très fort d'oppression des minorités par la majorité. A l'opposé, une vision rationnelle de l'Etat essaie de dégager, hors de toute vision morale, les points sur lesquels les hommes se mettraient d'accord pour fonder une société et un Etat. Dans cette vision, le danger est de réintroduire des notions morales personnelles inconsciemment, en croyant que les individus y seraient tous favorables, puisque j'y suis personnellement et fondamentalement favorable. Il faut donc réduire au minimal les volontés communes des individus, afin de tenir compte de leurs différences et du pluralisme moral qui existera en société. Le dépouillement de l'individu est une nécessité profonde, afin de le débarasser de notions morales, qui existent sûrement mais n'emportent pas l'adhésion de tous, et de notions sociales (constitués de désirs sociaux qui entrent en compétition et ne peuvent permettre l'unanimité). L'individu se retrouve en tant qu'être rationnel simplement, dans un état pré-social et pré-étatique, un état de nature, où la société et l'Etat seront constitués par accord volontaire et unanime. Ceci sera le sujet de mon prochain article : "l'état de nature".

A bientôt

Renouveau

PS : Pour le public averti, je marche dans les traces de la théorie politique appelée le contractualisme, en particulier celui de Locke et de Rousseau, pour y apporter une innovation majeure dans l'approche de la propriété.
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Dimanche 3 septembre 2006

Bonsoir,

Nous sommes le 03/09/2006. Ce blog est ouvert pour présenter et débattre d'un nouveau type, amoral, de politique et d'Etat. Une politique et un Etat renouvelés, qui s'appuient sur des concepts repensés pour nos sociétés actuelles, des sociétés hétérogènes, mélanges de cultures, de religions et de races. Je l'alimenterai dans les prochaines semaines avec la présentation de ce nouveau type, avec ses idées et conceptions nouvelles, afin de susciter des réactions et commentaires, et ouvrir des pistes, autres que celles déjà nombreuses auxquelles je pense. Le reste suivra au fur et à mesure de mes développements, et des événements qui arriveront.

Je commencerai bientôt à présenter cette politique, mais je vais démarrer en premier lieu par expliquer pourquoi je parle d'un mot aussi étrange : amoral. Cela sera fait dans mon deuxième article, très prochainement.

A bientôt

Renouveau
Par Renouveau - Publié dans : renouveau-politique
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